Sur le Palais des Arts
- Le 26 février 1875, le conservateur du musée, Numa Boucoiran, prit possession de la
collection Gower, 385 tableaux et 17 objets d'art, tout cela fut entreposé dans la
chapelle de l'ancien Hôpital Général du cours St Antoine (Victor Hugo). Il est décidé
de transformer cet ancien Hôpital d'Humanité en Palais des Arts, avec une
bibliothèque, un musée, une Ecole de Dessin, une Ecole de Musique, on y adjoindrait
aussi le Mont de Piété, le Conseil des Prudhommes, le prétoire des juges de paix
ainsi qu'une salle pour l'Académie.
Des travaux, confiés à l'architecte A; Granon, furent entrepris, la bibliothèque fut
installée en 1877 et le musée en 1880.
En 1880, le maire de Nîmes, depuis la chute de l'empire était Adolphe Blanchard, très
bon administrateur mais d'un royalisme qui ne pouvait lui valoir désormais que
l'inimité de la Préfecture. Il eut l'obligeance de fournir lui même un prétexte à sa
révocation, le 14 juillet étant déclaré comme Fête Nationale, le maire ainsi que ses
adjoints refusent de fêter cet événement. Les foudres préfectorales s'abattirent, ils
furent suspendus immédiatement de leurs fonctions, et leurs révocations définitives
suivirent.
Ce changement à la tête de l'administration municipale aura d'importantes
conséquences sur la vie et le futur urbanisme nîmois, dans les projets retenus par
l'équipe Blanchard, les halles centrales devaient se situer entre la place Belle Croix et
la place du château, la cathédrale devait voir son côté levant dégagé par la
démolition de maisons mitoyennes, ce projet sera gelé, par la suite, en 1897,
l'ensemble scolaire Belle Croix, Chapitre sera construit sur cet emplacement, le
Palais des Arts, en cours d’installation, disparaîtra au profit d’un Lycée de Garçon.
La nouvelle équipe du maire Margarot, pro gouvernementale, accélèrera la laïcisation
des établissements scolaires.
Après dix ans de résistance, la nouvelle administration locale acceptait les règles de
la troisième République…
- Le 12 novembre 1881, décision de construire un lycée de garçon sur l'emplacement
du "Palais des Arts", l'ancien hospice d'humanité. Pour l'agrandir, les vieilles
constructions du faubourg St Antoine furent rasées. La façade de l'architecte Charles
Durand sera conservée, les travaux seront terminés en 1887. Il sera construit sur les
plans de Feuchères et Randon de Grolier son coût 3200000 frs. Le lycée prendra le
nom de l'écrivain nîmois, Alphonse Daudet le 10 juillet 1963. Cet établissement reçut
quelques futures personnalités comme professeurs ou élèves, Gaston Doumergue,
Président de la République, Gaston Deferre, Ministre et Maire de Marseille, Gaston
Boissier de l'Académie Française...
Le musée Lapidaire nouvellement installé dans le Palais des arts retournera à la
Maison Carrée. A cette occasion, la Salamandre de François Ier, restaurée par M.
Dalgue, sera exposée sur la place, sans protection, elle sera mutilée une nuit par une
main criminelle.